Les grands aventuriers étaiet fin prêts, il ne leur restait plus qu'à dire au revoir aux leurs, et dans environ trente sols, ils auraient atteint leur destination. ¤%&&* embrassa timidement §?&¤$%*, avec un mélange d'impatience, de joie et même d'excitation, et de mélancolie et de peur.
µ%]K° fit signe à ses compagnons de le rejoindre, il était temps de partir : trente sols pouvaient passer très vite, comme passer très lentement, et plus vite ils seraient arrivés, mieux ce serait. Car la vie est courte. Surtout «la leur»...
*
Un jour, c'était la nuit.
La lune brillait, tout le monde dormait. Tous ? Non, une jeune femme de vingt-trois ans ne parvenait pas à trouver le sommeil. Elle avait encore du pain sur la planche mais avait également besoin de dormir. Elle tournait et se retournait encore dans son lit, sans parvenir à trouver la position qui lui permettrait enfin de s'endormir. Au bout d'une bonne heure ainsi, elle enfila un vieux pantalon de jogging gris, un gros pull en laine orangé décoloré, attrapa un duvet, une couverture de survie, quelques barres de chocolat pour les calories et son petit doudou qui la suivait partout où elle dormait. Et plus car affinités.
Elle descendit à la cuisine, but d'une traite un grand verre d'eau, frissonna car les radiateurs ne fonctionnaient pas en bas, enfila ses bonnes vieilles Kickers ne craignant plus rien, et ferma la porte d'entrée à clé. La Lune était resplendissante dans la nuit. Mais elle n'y prêta que peu d'attention, il fallait qu'elle se concentre sur ses pas. Les ombres étaient allongées, et la luminosité, effrayante. On se serait cru dans un bon film d'horreur. Pourtant, elle marchait d'un bon pas, elle savait où elle allait et connaissait chaque recoin par coeur, pour les avoir maintes fois parcourus. La plaine s'étendait sur une distance de plusieurs kilomètres sans qu'il ne s'y situe aucune autre habitation que la sienne, mais seulement des champs à perte de vue, si seulement les collines étaient un peu moins hautes. Elles descendaient et remontaient sans cesse.
La jeune femme trouva son endroit préféré : elle se coucha aussitôt sur l'herbe déjà écrasée de son dernier séjour ici, qui remontait... à l'avant-veille. Elle se recroquevilla sous ses couvertures pour garder la chaleur, et s'endormit comme une masse quelques minutes plus tard.
Un bruit la réveilla en sursaut. Elle se redressa aussitôt, un peu angoissée d'avoir trop dormi. Pourtant, le jour n'était toujours pas levé. Elle se recoucha donc, mais en se demandant pourquoi elle avait cette impression de mauvais pressentiment... Et se rendormit, encore plus vite qu'un bébé fatigué.
Le jour se levait à peine. Elle frotta ses yeux endormis, étira ses muscles endoloris d'avoir encore dormi par terre. Dans un demi-sommeil encore assez profond, elle attrapa ses affaires, mangea une barre chocolatée, et prit le chemin du retour.
Tout à coup, elle aperçut une lumière qui balayait les environs. Elle crut rêver, se frotta les yeux. La lumière disparut. Plus angoissée qu'à l'ordinaire, elle pénétra chez elle, prit une douche froide pour se remettre les idées en place, s'habilla et se mit au travail. Elle était employée dans un laboratoire de recherches sur la planète Mars, et s'intéressait particulièrement à la Vie sur cette Planète. Était-elle possible pour des êtres qui nous ressembleraient ? Ou ne pouvait-elle accueillir uniquement des bactéries unicellulaires ? Elle sourit à la pensée des « Petits Hommes Verts » ou les PHV comme on les appelait dans le laboratoire, qui ne nourissaient que des contes pour enfants.
Comme bien souvent, elle n'avait pas le temps de petit déjeuner, et elle se contenta d'une tasse de thé – après tout, elle était Anglaise.
À la sortie de chez elle, une étonnante surprise l'attendait...